Chargement en cours

Comment la nature peut-elle inspirer une gestion durable de la ressource en eau ?

La journée mondiale de l’eau est l’occasion de mettre à l’honneur une ressource fragile, d’attirer l’attention sur la nécessité de la préserver et de promouvoir sa gestion durable. Pour l’édition 2018, l’ONU a choisi la thématique : « La réponse est dans la nature ».

L’écosystème est inspirant et le biomimétisme devient une discipline fédératrice d’un nombre croissant d’acteurs. Il s’agit de considérer un écosystème dans son ensemble, les interactions successives entre les divers organismes qui le constituent afin de trouver une forme d’équilibre et ainsi s’adapter aux évolutions. 

Petit tour d’horizon de solutions de traitement existantes et inspirées de la nature pour surmonter les défis de l'eau du 21ème siècle.

Le traitement biologique des eaux usées

Les stations d’épuration s’inspirent de la phyto-épuration de la nature pour traiter les particules polluantes présentes dans les eaux usées domestiques. Le principe de traitement biologique consiste en l’utilisation de bactéries pour tuer les autres bactéries retenues dans l’eau. Ainsi, les stations de traitement des eaux usées reproduisent les phénomènes biologiques d’auto-épuration observés dans les milieux aquatiques naturels. Après avoir été décantées, les eaux arrivent dans un bassin où des bactéries présentes naturellement dans l’eau sont placées dans des conditions aérobies (avec oxygène) particulières, afin de reproduire en accéléré le processus naturel. Il s’agit du traitement biologique, étape essentielle du processus d’épuration. Ainsi en quelques heures (au lieu de quelques semaines), ces bactéries vont consommer l’azote, le carbone et le phosphore contenus dans les eaux usées, digérer les impuretés et les transformer en boues qui seront décantées à leur tour lors de la clarification.

Les Zones Libellule®

L’utilisation des capacités d’épuration naturelles pour traiter les eaux usées n’est pas en soi une nouveauté. L’intérêt des Zones Libellule®repose sur la constitution d’un parcours cohérent, permettant des réactions physico-chimiques successives, aboutissant à l’absorption ou la décomposition d’une partie des polluants de l’eau. Il s’agit ici d’un écosystème entier et complexe qui a été reconstitué en vue de créer une phyto-épuration.

SUEZ, à l’origine de ce concept, s’inspire du processus biologique des systèmes épuratoires classiques (biofilms, diatomées, planctons, microphytes, faune…) pour créer ces zones humides artificielles appelées Zones Libellule®. Il s’agit d’un espace humide artificiel pouvant être placé en aval de station d’épuration dans lequel le développement de la biodiversité permet la lutte contre les micropolluants et limite leur diffusion dans les eaux douces ou marines. A travers différentes zones successives (bassin phytoplancton, roselière, prairie humide…) basées sur les capacités épuratoires d’écosystèmes aquatiques variés, la Zone Libellule® protège le milieu récepteur tout en générant une eau de meilleure qualité tant au niveau chimique que bactériologique.

Ce projet, déjà déployée en France, notamment à Montpellier, vient de s’exporter en Chine pour la réhabilitation et l’extension de la zone de rejet végétalisée du parc industriel de Shanghai, la plus grande plateforme pétrochimique d’Asie. 

 

Une nurserie aquatique pour dynamiser la biodiversité dans les zones portuaires

L’activité portuaire peut quelque peu altérer la vie aquatique qu’il s’agit de protéger et de restaurer. Avec le système Bionurse, SUEZ et la Ville de Marseille, ont trouvé une solution favorisant la réintroduction de la vie aquatique dans les zones portuaires. En installant des habitats artificiels, imitant les herbiers de posidonie, on facilite la nidification des poissons et leur croissance en les protégeant de leur prédateur jusqu’à ce qu’ils aient atteints leur taille adulte.

Puits de Carbone

Avec cette volonté de trouver des réponses dans la nature, l’innovation du puits de carbone est intéressante. En effet, le puits de carbone, imaginé par SUEZ et Fermentalg, reproduit les mécanismes des microalgues à l’œuvre dans les océans en fonctionnant sur le principe de la captation du CO2 par photosynthèse. Au sein du puits, les micro-algues, qui ont la capacité de fixer le CO2, se multiplient en continu, et forment ainsi une biomasse qui sera ensuite évacuée via le réseau d’assainissement jusqu’à la station d’épuration pour valorisation.

POUR CONTINUER LA LECTURE

  • Les zones de rejet végétalisées : des services rendus par la nature

    L’Organisation des Nations unies a choisi cette année, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau le 22 mars, d’explorer les différentes manières dont la nature peut permettre de surmonter les défis de l'eau du 21ème siècle. C’est l’ambition des zones de rejet végétalisées, qui se développement sensiblement en France depuis une quinzaine d’années.

  • Connaître l’état écologique des lacs pour adapter leur gestion future

    Le projet du Laboratoire Chrono-Environnement vise à créer et fournir aux gestionnaires de lacs de nouveaux outils pour établir le diagnostic écologique d’un plan d’eau, déterminer les facteurs influant sur son état et anticiper son évolution en fonction des scenarii climatiques.
  • Une Zone Humide pour le traitement des polluants

    Une Zone Humide pour le traitement des polluants

    Les industriels font face à des contraintes réglementaires de plus en plus strictes visant la réduction de la pollution des cours d'eau et ont pour obligation d'améliorer la qualité de traitement de leurs eaux usées.